L’élève a beaucoup plus de responsabilité

Cette expérience de suivre des leçons via le web a été assurément très particulière, mais je pense que, globalement, nous nous sommes bien adaptés à la situation. Je me suis rendu compte qu’en fait, il y a plein de choses qu’on peut enseigner (ou apprendre, ça dépend du point de vue) par ce mode : il est vrai que les petits détails vont être très difficiles à voir, et du côté du professeur, il est difficile (voire impossible) de voir ce que chacun est en train de faire, mais dans tous les cas, le senseï peut montrer des mouvements et proposer des choses sur lesquelles concentrer l’attention, et l’élève peut travailler sur cette base.
En fait, je pense que le point principal, c’est que l’élève a beaucoup plus de responsabilité qu’en temps normal, vu que le maître ne peut ni contrôler ni corriger directement, il doit faire plus d’attention et vraiment s’assurer de travailler sur les points indiqués ; si c’est d’un coté un problème (la discipline est toujours une chose très difficile à s’imposer), c’est de l’autre une bonne occasion (vu que dans tous le cas, je pense que si on fait des arts martiaux sérieusement, on doit prendre la responsabilité de son propre entraînement). C’est selon moi un type d’activité pour personnes “adultes” (dans le sens de responsable).

Et donc, avec cet esprit, ces leçons via web ont été très précieuses pour moi : dans tous les cas, j’aurais fait de mon mieux pour continuer à m’entraîner, mais, dans le cas présent, j’ai aussi reçu une direction selon laquelle avancer et plein d’idées sur lesquelles travailler, et donc bizarrement je trouve que c’était même mieux qu’en temps normal (pour une personne comme moi habituée à recevoir un enseignement seulement quelques fois par an et à s’entraîner seul le reste du temps).

Aussi, comme je pense, pour la plus grande partie des personnes, c’était un période d’assez grand stress, et avoir quelque chose ou un événement à attendre chaque semaine, et donc une perspective à court terme, a été vraiment un grand réconfort.

Ensuite, pour parler un petit plus dans le spécifique des arts montrés : les cours de Niten ont été très très intéressants et je n’ai pas trouvé de difficultés à les suivre (j’imagine parce que je connais déjà quelque chose de l’objet traité), et comme je disais, c’était plus ou moins comme m’entraîner en solitaire sauf que j’avais quelqu’un en direct qui me dit et me montre quoi faire. Aussi j’ai eu l’occasion d’approfondir un enseignement différent et c’est très intéressant de voir comment, même si apparemment il y a des différences plutôt marquées, quand on va en profondeur, on se trouve à pratiquer et parler des mêmes principes.

Pour l’aïkido, je dois admettre que c’était très difficile, vu que je ne l’avais jamais pratiqué et donc plusieurs choses ont été pour moi difficilement compréhensibles, mais je suis content d’avoir suivi et compris au moins quelque chose ; en plus, je trouve la partie de iaï (avant) et de canne (après) plus facile à suivre, parce que comme ça, je dois manipuler quelque chose qui est concrètement dans mes mains (à la place d’imaginer un partenaire). Surtout le Iaï est vraiment intéressant pour moi, il montre un usage du sabre différent du soliste et donc, même si c’est différent du Niten, ça me permet d’avoir une vision plus large sur l’utilisation de cette arme.

Enfin, au niveau technique je n’ai pas trop de remarques, l’audio pour moi c’est presque toujours bon, la vidéo moins, mais ça peut arriver et aussi j’ai vu que tout le monde n’avait pas les mêmes problèmes je n’ai pas d’indications à donner à propos de cela (dans tous les cas, ça peut arriver).

Je n’ai pas autre chose à dire, sauf remercier encore une fois pour l’occasion fantastique que j’ai eue !

Alessio, Belgique

A deeper and more internal approach

Attending these online classes was, first of all, a great opportunity to stay in touch, keep practicing and even learn something new during such a difficult time. The lessons were extremely interesting and mind opening, as they definitely helped me shifting my perspective to focus on more subtle body dynamics and common principles underlying different kata and waza. A deeper and more internal approach that is still relatively new to me, which enriched my understanding of Hyoho Niten Ichi Ryu, and which of course I will keep working on. Thank you Nguyen Sensei, and looking forward to practice with you in person in a not so distant future!

Lorenzo M.

Le sentiment d’avoir continué à avancer

Habitant en Lorraine, je ne pouvais jusqu’alors me rendre à Paris qu’aux stages mensuels pour pratiquer sous la direction de notre Senseï. Bien que les cours hebdomadaire en ligne ne peuvent remplacer le dojo et la pratique avec les autres élèves, ces cours m’ont permis d’établir un rythme plus régulier dans ma pratique, à recevoir de nouvelles pistes de travail et à approfondir celles que j’arpentais déjà. J’ai le sentiment d’avoir continué à avancer. Bien qu’au début la forme de ce cours soit perturbante, comme notre Senseï a su garder son ton et son attitude habituels la distance s’est vite effacée. Les seuls points négatifs qui restent sont mon plafond trop bas pour pratiquer normalement (je devais par exemple prendre mon kodachi à 2 mains pour pouvoir faire shomen) et le fait d’être physiquement seul. Suite à ces cours ma joie de retrouver les autres pratiquants pour faire keiko face à face n’en sera que plus forte.

Adrian J.

Le numérique et le virtuel ne remplaceront jamais l’expérience du réel et de la vrai présence

Merci pour ces cours.

Je viens vous faire un retour.

La pratique assidue a développé elle même cette année ma conscience du travail des orteils et de la fonction de la jambe arrière. Une découverte pour moi. Le travail durant le stage m’a permis de percevoir comment le travail de de ce bas libère le haut, je vais me concentrer dessus. Le travail des hanches reste à dégrossir, je suis encore pataud.

Le support vidéo a eu eu toute son importance et correspond de fait à la situation actuelle. Mais j’ai également eu le sentiment que 2 heures vidéo sont un peu longues, alors que 4 h de stage en présence réelle passent comme un éclair. Ce qui est rassurant d’ailleurs et démontre bien à mon avis, qu’il auront bon essayer de nous implanter de puces dans le cerveau pour transformer notre perception des choses, le numérique et le virtuel ne remplaceront jamais l’expérience du réel et de la vrai présence.

Frédéric G.

L’intensité de la pratique et de la transmission n’a jamais diminué

Alors que cette situation d’isolement aurait dû mettre en suspens l’étude de l’Aïkido Ringenkaï et du sabre Niten Ichi Ryu, notre senseï a créé et partagé publiquement — dès les premières heures de l’annonce du confinement — le « Dojo à la maison » avec des vidéos de cours différés de taïsos et de techniques. Puis dès la première semaine, il a mis en place deux cours d’Aïkido et un autre de sabre chaque semaine en web cours en direct.

J’ai vécu les premières heures de cours à distance comme des moments irréels mais chaleureux car en plus de notre dojo, les cours étaient ouverts à d’autres élèves en France et en Europe. L’esprit de solidarité autour de la pratique martiale et de notre école ont été pour moi très émouvant.

Petit à petit, le travail du corps en situation confiné a pris le pas sur l’émotion première. Les cours permettaient de reconnecter mon corps au mouvement, de sortir de l’engourdissement dû aux journées passées dans 30m2. D’abord, les taïsos de Christine Nguyen senseï réveillaient mon corps puis avec Nguyen Thanh Thiên senseï l’étude des déplacements seul, parfois à main nu ou avec un Jo ou un Boken, me permettait d’accéder à des blocages, des absences de poussée et des étirements dans le mouvement que la pratique à deux m’empêchait de voir.

Je n’ai jamais senti l’intensité de la pratique et de la transmission diminuer lors du confinement. Le questionnement et le refus de l’immobilité étaient toujours à l’appel. L’heure n’était pas à la fatigue des corps avec des randoris possible en dojo, mais on était toujours au cœur de l’étude et à l’adaptation de la situation présente. Après 15 années de pratique, je ne cesse de découvrir ce qu’est l’étude d’un art martial grâce à l’acuité de mon senseï. Toute fois, je ne dirais pas que la pratique tous ensemble ne me manque pas et que je me languis pas de retrouver la rencontre physique au dojo mais l’étude n’a jamais cessé. Le chemin reste long mais il est si savoureux. Merci encore pour ce don perpétuel.

Valérie de B.

Moi, je préfère pratiquer

2e interview de Nguyen Thanh Thiên réalisé par Tcha pour lebujutsu.net en 2010.

Vous enseignez au sein de l’école d’arts martiaux « La Ki School », pouvez-vous nous en dire plus sur cette école ?

Mon école est issue d’une histoire, celle d’un engagement dans la Voie des Arts Martiaux.

J’ai étudié les arts martiaux depuis l’âge de 8 ans et j’en ai aujourd’hui 47. J’ai donc bientôt passé 40 ans sur les tatamis ! J’ai suivi l’enseignement de professeurs dans différentes disciplines et tous m’ont énormément apporté. Certains m’ont montré une Voie que je voulais suivre, d’autres m’ont indiqué ce que je ne voulais surtout pas faire. Ces deux types d’enseignement, une voie positive et l’autre négative, sont à la fois indispensables et inévitables. Bien sûr, les options que nous rencontrons dans la réalité ne se révèlent pas aussi tranchées mais notre inclination profonde vers tel ou tel chemin tranche pour nous.

A la suite de 17 années passées avec un même professeur, j’ai décidé de quitter son dojo pour tenter l’aventure de la création d’une école. Je sentais que l’heure était venue de prendre la responsabilité d’enseigner, d’ouvrir une piste, de dégager une Voie, de répondre à l’appel des Anciens. Je dois rappeler qu’au sortir du lycée, j’avais opté pour des études de chinois à l’Institut des Langues Orientales à Paris, à l’époque à la Faculté de Dauphine. Malgré le peu de progrès dans l’étude de la langue, je me plongeais dans l’étude du monde chinois. Nous étions en 1980. Lire la suite

Leurs yeux me pénètrent bien avant que le sabre ne bouge

1ère interview de Nguyen Thanh Thiên réalisé par Tcha pour lebujutsu.net en 2004.

A l’occasion du stage exceptionnel à Paris de l’école Hyoho Niten Ichi Ryu (école des deux sabres du fondateur MIYAMOTO Musashi) qui se déroulera en octobre 2004 avec la participation de IMAI Masayuki senseï, IWAMI Toshio senseï, NAGAMATSU senseï et Colin WATKIN-HYAKUTAKE senseï, je vous propose un interview de l’organisateur et pratiquant expérimenté NGUYEN Thanh Thiên.

1) Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de pratiquer une école de Ken-Jutsu ?

Pendant de nombreuses années, j’ai étudié différents arts martiaux. Si aujourd’hui, je pratique le Ken-Jutsu de l’école Hyoho Niten Ichi Ryu, je le dois à ces leçons suivies dans le dojo auprès de professeurs et de maîtres de Budo et d’arts chinois. Ma sensibilité, ma gestuelle et mon attitude, polies au long des mois et des années, m’ont permis d’entendre et de recevoir l’enseignement de Maîtres IMAI Masayuki et IWAMI Toshio. Je n’ai pas le sentiment d’avoir attendu mais d’avoir maturé, mûri et approfondi ma compréhension et mon expectation vis-à-vis des maîtres. Le temps que j’ai passé à arpenter la Voie ne fut pas une fuite de jours qui courent vers une fin mais un « travail en cuve » comme disent les viticulteurs. Il a fallu que le « vin fou » passe et que les tannins s’adoucissent.

Mon corps a dû apprendre, ma saisie a dû s’affermir, mon esprit a dû s’aguerrir. Cela demande une persévérance et un discernement que l’on affine avec la durée. La Voie est parcourue avec le temps et il ne peut être économisé, abrégé ni négligé.

Certains commencent par le Ken-Jutsu, d’autres font autrement. Il s’agit d’un parcours personnel. Les rencontres qui bornent notre progression ne se décident pas. Nous pouvons tout juste les accepter ou les refuser. La rencontre avec les Maîtres IMAI Masayuki et IWAMI Toshio survint il y a 4 ans. Lire la suite

Dernière minute, état sur la situation

Au vu des circonstances :

Les cours enfants sont maintenus demain samedi 13 mars 2020. Les enfants dont les parents choisissent de ne pas les faire venir au cours sont bien entendus excusés. À partir du lundi 16 mars 2020, les cours sont annulés pour les enfants. Nous passerons en visio-conférence par Jitsi pour les cours suivants aux mêmes horaires. N’oubliez pas de m’envoyer votre mail ou de le confirmer (avec le nom et prénom de l’enfant ainsi que l’horaire) pour être sûr de pouvoir assister au Web-cours (45mn dans la phase bêta).

Les cours adultes continuent ce soir au moins à Vincennes. Nous verrons ensuite si nous devons nous déplacer en extérieur. À Saint-Brice sous Forêt, nous étudierons probablement en extérieur si le dojo ferme. Les exercices seront faits loin les uns des autres. Pour le cours adultes du vendredi soir, il y aura aussi la possibilité du Web-cours par Jitsi. N’oubliez pas de m’envoyer votre mail ou de le confirmer (avec votre nom et prénom que l’horaire) pour être sûr de pouvoir assister au Web-cours (1h30 dans la phase bêta).

Les stages seront maintenus à Saint-Brice sous Forêt. Si le dojo ferme, nous nous déplacerons en extérieur. N’oubliez pas une tenue d’extérieur, avec imperméables et vêtements chauds si nécessaires, chaussures de sport, boisson, bokkens, jo et bo. Possibilité de nous retrouver en Forêt de Montmorency. Coordonnées : 49°02’10.5″N 2°15’28.4″E 49.036244, 2.257875 ou suivre ce lien https://goo.gl/maps/qScfiZztLtm39BKu8

La situation évolue, sachons persévérer et nous adapter, voire anticiper.

L’élève

makao3Mon élève Makao

L’élève est une chose rare. Il vient étudier. Il regarde la leçon et ne la quitte pas des yeux. S’il regarde ailleurs, c’est pour y voir une leçon.
makao1L’élève est en chacun, à chacun de l’éveiller. Il arrive que par inadvertance l’élève en soi s’endorme. L’attention est ce qui conduit à son éveil. La concentration est ce qui fortifie son avancée. L’ouverture est ce qui le rend sensible à toutes les facettes de la leçon.

L’élève est celui qui voit dans la leçon une chose rare, fut-elle chose des plus communes. Voir ce qui est rare dans le commun, ainsi commence la leçon et s’éveille l’élève.