Rentrée et reprise des cours

Nous sommes dans l’obligation d’inventer de nouvelles formes de pratique. Un virus nous impose d’évoluer, de mieux cerner le fond pour renouveler la forme. Déjà, nous avons élaboré une pratique qui remplace le contact de l’autre par un contact avec soi comme autre. Déjà, nous répondons à l’autre par une plus grande sensibilité, par une prévenance pour l’action, la distance et le rythme qui s’annoncent. Rien n’est perdu, tout est préservé. Autrement. Cette année est un départ vers un incertain, un retour aux fondements, une boucle, un anneau de plus dans la longue chaîne des arts martiaux d’Orient.

La Journée des Associations de Vincennes aura lieu de samedi 5 septembre 2020. Le Forum des Associations de Saint-Brice se tiendra le dimanche 6 septembre. Nous y serons pour vous rencontrer. Le premier cours enfants qui suivra sera le samedi 12 septembre et les premiers cours adultes le vendredi 11 et le dimanche 13, aux heures habituelles.

Cliquez sur ce lien https://1drv.ms/u/s!AhGjEvbAxRxDiAR5rGFqDY2Oq3mt?e=5SfZEQ pour télécharger le formulaire d’inscription à remplir et renvoyer par e-mail (nguyentahnhthien@hotmail.fr).

Pour les personnes inquiètes de l’évolution de cette pandémie, je prévois de filmer le cours qu’elles pourront suivre en direct de chez elles. Suivant la sécurisation de la situation en France, les élèves auront l’option de suivre le cours en collectif ou en privé depuis la maison.

Bien sûr, la relation in vivo dans le dojo reste à privilégier. Le partage de nos présences en un même lieu se révèle un bien inestimable, nous venons tous de le redécouvrir. Si vous désirez me poser directement des questions, n’hésitez pas 06 61 25 71 64.

Les précautions sanitaires seront appliquées selon les recommandations en cours.

Nouveau web cours en ligne

Je viens de mettre en ligne le cours du 30 juin 2020. Il est dans l’onglet « Accès aux web cours différés« . Il est réservé aux membres de l’école.

Pour y accéder à partir de septembre, comme pour suivre les cours en direct, vous pourrez vous inscrire aux web cours dont le forfait est de 250 euros pour l’année. Le « forfait web cours étudiant et chômeur » est d’un montant de 50% du premier forfait, soit 175 euros.

Le forfait web cours et le forfait web cours étudiant et chômeur sont accessible uniquement aux élèves éloignés de mon enseignement courant, dojos de Vincennes et Saint-Brice. Les élèves des dojos de Vincennes et de Saint-Brice ont accès automatiquement aux web cours s’ils sont à jour de leur cotisation.

Les temps sont incertains. Je cherche avec vous comment maintenir l’effort d’humanité, comment continuer la leçon des maîtres, comment espérer en demain. Les arts martiaux témoignent des épreuves du passé et des leçons qui en furent tirées. Pour nous préparer au défi gigantesque de bâtir un futur, chaque maître a déposé dans le dojo, un bout de sa leçon, une part de lui-même, un soupçon d’espoir. Étrangement, je me sens dans mon élément. Il ne tient qu’à moi, qu’à nous, d’avancer avec fermeté, avec humanité, avec unité.

J’espère avoir été clair dans les dispositions particulières des web cours et aussi dans les vues générales. Si les arts martiaux d’Orient ont une ambition, elle réside certainement dans le maintien du cœur et de l’esprit au milieu de l’action, si incertaine qu’elle puisse paraître dans son issue, dans un Monde où semble ne demeurer que la certitude de notre résolution.

À la tombée du jour

Le mois de juillet s’achève sur un moment de détente. Le paysage est généreux en émotions. Au pas de la montée, nous devisons, l’un en écho de l’autre. Au bout d’un chemin qui se fait sente, entre les feuillages de chênes verts, passés les pentes en espalier, nous parvenons à l’ermitage de San Vittorio.

De retour au village, dans un écrin de senteurs, une table nous accueille avec un panorama à couper le souffle. Le repas typique du Haut-Aragon, entre ensalada et costillas, nous comble par la richesse des saveurs simples. Tout porte le parfum des cailloux secs, du thym des murets et du soleil chauffant à blanc les murs du village.

Les arts martiaux d’Orient célèbre l’opulence de l’instant, l’ouverture de nos sens au réel, la fenêtre sur une vie qui passe et parfois nous enchante. Le tranchant est dans le regard porté au près comme au loin, dans le goût que nous avons des choses, dans la saveur du moment, quand l’esprit embrasse la matière, qui lui rend un baiser.

18 témoignages sur les web cours !

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les Premières heures dE l’annonce du cOnfinement…des moments irréels mAis chaleureux…plutôt sceptiQue sur l’intérêt…une barrière à mon apPrentissage…conscient que les cours en Distanciel…égareMent…travaiL des orteils…Habitant en Lorraine…établir un rythme…un bien fou…such a difficult time…mind opening…ça dépEnd du point de vue…dans tous leS cas le senseï peut…aYanT reçu beaucoup…partage de LA pratique…dans les yeux de certaines personnes dE la défiAnce…Du fait que nous SOyons tous les qUatre…priVés de proximité…un rÉconfort et une joie…au coUrs des derniers mois…Faire Face à l’étude…uN peu Seul…garder le ContaCt…Difficile d’imagIner aupAravant…coNtinuité…pratiQuer difféRemmEnt…une théMatique récUrrente de votre enseignement…contexte internAtional…iNstille dans le corps

La régularité instille dans le corps quelque chose de durable

Ce fut la plus belle expérience du confinement : continuer et intensifier la pratique d’Aïkido, pratiquer à nouveau le sabre de Musashi et qui plus est dans un contexte international.

La fréquence des Keiko, certaines semaines, 5 jours sur 7, m’a permis ou aidé à ne pas perdre ce qui avait été entrevu, perçu à la leçon précédente.

Différemment des périodes de stage, où la pratique est intense, cette régularité, il me semble, instille dans le corps quelque chose de durable.

Le travail du souffle, le travail du Koshi, la poussée dans la Terre et dans le Ciel, l’ouverture des côtés, le maintien droit grâce aux épaules basses.

Je sais que pratiquer seul n’est pas dans l’ordre des choses mais, après plusieurs années de pratique, ce fut un temps pour moi de compréhension, de meilleure intégration du contenu des leçons.

Peut-être le format d’une heure me permettait-il une meilleure concentration.

Je faisais, je faisais de mon mieux et, à certaines moments, j’ai ressenti une fluidité nouvelle.

Et puis des questions ont surgi, comment placer le souffle sur les Koshi, comment toujours avancer surtout cette deuxième jambe dans le sabre de Musashi, comment faire le mouvement à partir du Hara… et l’envie d’y apporter un début de réponse en pratiquant est venue.

J’ai aimé découvrir et commencer à percevoir les liens que je ne soupçonnais pas aussi nombreux entre l’Aïkido et le sabre de Musashi. Des principes qui se déclinent.

J’ai aimé apprendre les mouvements de sabre en Aikido.

Chaque leçon a été un moment de joie et d’énergie. A maintes reprises par le travail du souffle, j’ai quitté la leçon comme « ventilée ».

Chaque leçon a été différente avec une constance dans le Taïso pour assouplir et préparer notre corps à en percevoir le contenu.

Chaque leçon a été l’occasion de vous voir, de vous entendre, différemment soit, mais intensément.

Chaque leçon a été l’occasion d’un moment de partage avec les pratiquants de notre Dojo et, maintenant, il est temps de nous retrouver sur le tatami.

Je vous remercie tous deux pour la richesse de l’enseignement transmis, je remercie sincèrement les anciens qui ont pris le relais.

Les web keiko sont pour moi une voie à continuer pour favoriser la régularité et ouvrir notre dojo à certains qui sont physiquement loin.

A très vite,

Florence Laterrade

Ensemble, un Dojo à la maison

L’expérience des cours en ligne a été l’occasion de pratiquer différemment. J’ai particulièrement apprécié l’enseignement du Iaï, l’art de dégainer, que j’avais assez peu pratiqué auparavant. Les Taïso et la pratique des 1ères Manières ont préservé nos repères de pratiquants, l’enseignement a pris une forme nouvelle et inconnue, occasion de se remettre en question, d’apprendre autrement et d’explorer.

J’ai en particulier essayé d’apprendre le plus possible du « changement des habitudes » , une thématique récurrente de votre enseignement, mais qui a été forcée dans ces conditions de pratique.

Mon premier et permanent défi dans ces conditions a été de trouver la concentration nécessaire, pourtant si naturelle et facile dans le Dojo. J’ai constaté que chaque obstacle rencontré a été une occasion de perte de concentration, et il y en a eu beaucoup. Seule face à l’écran, à l’image et au son pas toujours nets, dans une pièce trop basse de plafond où un lit ou un meuble bloquait systématiquement l’une des 4 directions, il n’est pas si facile de trouver les bonnes postures tout en modifiant la distance de ses pas ou sa direction…

Mon second défi est venu du fait d’enchainer directement la pratique après le travail, sans sas de décompression :  un gain de temps formidable et une difficulté réelle pour ma pratique. J’emmenais du coup mes préoccupations professionnelles dans les cours en ligne, ce qui ne m’arrive jamais dans le Dojo.

Mais le plus grand des défis aura été l’absence physique, le manque de cette présence collective ancrée dans l’instant qui porte notre pratique dans le Dojo.

Vous nous transmettez un art « vivant ». Après cette période de cours en ligne, l’une des définitions que je veux donner à ce « vivant » est la présence physique des Maîtres et des autres pratiquants, ingrédients essentiels à cet art martial. Dans la pratique de l’Aïkido, la présence « avec contact », le rythme, la volonté et la poussée de l’autre surprennent et questionnent sans cesse. Personnellement, je n’ai pas su retrouver ce questionnement « vivant » face à l’écran et face à moi-même, bien que j’ai écouté toutes vos questions, toutes les questions des élèves, et que je me suis questionnée toute seule !

L’absence de pratique dans le Dojo laisse un vide, que nous comblerons j’espère très rapidement. 

En attendant, je veux vous féliciter et vous remercier d’avoir aussi bien su adapter votre enseignement au travers de ces cours en ligne, quelle générosité et quelle richesse pour nous tous ! Je veux également remercier les autres élèves pour leurs participations assidues, c’est aussi grâce à eux que j’ai eu l’énergie et la volonté de progresser. Ensemble que nous sommes restés un Dojo à la maison. Je ne doute pas une seconde que cet enseignement en ligne sera un accélérateur de progrès lors de nos retrouvailles.

Adeline L.

Être à l’écoute et connecté…

Difficile d’imaginer avant cette période de confinement ce que nous avons éprouvé pendant ces quelques mois. Difficile d’imaginer auparavant que nous aurions pu continuer la pratique de l’Aïkido, à distance et recevoir notre enseignement (presque) comme d’habitude. J’ai vécu cette période en famille, avec ma femme et mes enfants qui eux aussi pratiquent l’Aïkido.

Modestement, avec mes quelques années d’expérience, il me semble que cette période nous a permis de revenir aux bases, de redécouvrir les mouvements en nous concentrant sur le rythme, le souffle, la continuité du geste et les postures.

Certes, nous n’avons pas senti le tatami, nous n’avons pas pu pratiquer « avec » l’autre soit en tant que Tori soit en tant que Uke. Pratiquer chez soi, dans un lieu parfois exigu nécessite de s’adapter. Cela n’exclut pas de travailler en grand, avec la place qui nous est offerte, d’explorer d’autres voies que nous n’avons pas l’habitude de prendre dans le « confort » d’un dojo plus grand.

Pendant le confinement, nous n’avions pas nos armes. Faute de mieux, nous avons utilisé un manche à balai coupé à la bonne longueur. De retour chez nous, pratiquer avec le bokken a été une redécouverte en sentant son poids, son équilibre particulier, la présence du tranchant… Je ne suis pas sur d’y avoir prêté autant attention la première fois où j’en ai eu un entre les mains. Plus généralement, c’est ce que j’ai ressenti avec la pratique de l’Aïkido.

Peut-être plus de d’habitude, nous avons travaillé avec les armes et notamment le Jo et le bokken. Au-delà des techniques associées, j’y ai vu l’opportunité de mobiliser l’ensemble du corps, de travailler les poussées jusqu’au bout des doigts. Je me rappelle certaines des remarques du Sensei ou des élèves les plus anciens qui me disent parfois de ne pas oublier la seconde main, qu’elle ne doit pas être passive.

Cette période particulière a été riche d’enseignements. Pour autant, ce sera évidemment avec grand plaisir que je retrouverai notre sensei et les autres élèves dès que les circonstances le permettront. Je vous remercie d’avoir continué avec Christine l’enseignement pendant cette période. Je remercie également les élèves les plus anciens d’avoir pris le relais lorsque nécessaire et de nous avoir fait part de leur expérience.

Sylvain P.

Garder ses repères

É. souhaite bien entendu se réinscrire pour l’année prochaine. Pourrez-vous nous donner les modalités d’inscription? Nous vous remercions encore pour votre enseignement et pour votre engagement auprès des enfants pendant toute cette période de confinement. Ce rendez-vous hebdomadaire était très attendu par É. et lui a permis de garder ses repères. Bonnes vacances! 

Poursuivre la pratique

Concernant les cours par internet, ce maintien des cours hebdomadaires a été vraiment le bienvenu pour poursuivre la pratique. Malgré l’interface de l’écran, on se sent tout de même un peu seul, surtout quand les autres élèves ont éteint leur caméra ; je pense qu’il faudrait demander à ce qu’ils la laissent allumée (sauf problème technique de qualité de connexion comme cela m’est arrivé…) afin de garder le contact et « l’ambiance groupe » plutôt que de passer en ambiance « cours particulier ». Ton choix de pratiquer le sabre, la canne et les manières est en effet très adapté à ce type de cours en explorant des aspects à chaque fois originaux des différentes techniques. Le fait de ne pas être corrigé nécessite de porter une attention plus soutenue à ce que tu montres  afin d’en profiter au mieux et stimule « l’auto-correction », mais l’inconvénient est que j’ai eu tendance à fixer trop l’écran, ce qui découple le regard et l’exécution de la technique (suivre le rythme nécessite de le regarder très régulièrement alors que ce n’est pas un problème au dojo). Merci pour cette initiative qui a permis d’éviter une coupure trop prolongée de notre pratique, car même si la motivation est là il est difficile de s’astreindre à pratiquer seul régulièrement ; ces rendez-vous hebdomadaires et votre enseignement à tout les deux sont bien sûr indispensables pour poursuivre notre progression.

Félicitations à Christine et à toi pour cela.

Philippe S. 

PS : si je peux me permettre , voici un proverbe chinois que j’ai lu très récemment dans un livre écrit par un dentiste qui pratique dans son exercice professionnel la « dentosophie » :  

« J’écoute et j’oublie. Je vois et je me rappelle. Je fais l’expérience et je comprends. »