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Web cours en direct

Adultes
Mardi et vendredi 20h15-21h15 Aïkido Ringenkaï
Dimanche 18h-19h sabre Hyoho Niten Ichi Ryu
Enfants
Samedi 10h-11h30 ; 10h : étirements-conte-10h45 : sabre-bâton (à défaut prendre un bout de bois)
Accès : demander le lien par la page de Contact.
Les web cours en différé sont ici.

Web stage Niten Ichi Ryu

Le 1er web stage de Niten Ichi Ryu aura lieu le samedi 6 et le dimanche 7 juin 2020 de 18h à 20h à l’adresse que je vous envoie par e-mail. Si vous ne l’avez pas reçu dans la journée, demandez-le moi par le formulaire de contact sur ce site.

Prévoir la paire de bokken et le bo.

Le cours du dimanche 18h est annulé en conséquence.

Nous devrions être au Kaze no Tani Kan.

À très bientôt.

Dans le face-à-face

Cette épidémie nous incite à porter notre regard au-delà de l’horizon immédiatement perceptible. J’essaie d’éviter de confondre ce à quoi j’aspire et ce que je peux prévoir. En tout cas, c’est déjà cela, outre le fait, qu’elle nous rappelle, depuis qu’on a la notion de contagion, que nous sommes partagés entre une exigence de solidarité dans le danger et une méfiance envers les autres potentiellement porteurs de ce danger. Cette dissonance cognitive est très difficile à vivre, mais c’est cela sans doute avec lequel il va falloir apprendre à composer.

Rony Brauman

article par dans Le Monde

Je comprends que la rencontre a toujours été un danger. Quand des nomades Sioux, Apaches, Cheyennes, apercevaient au loin un groupe d’humains, la première question était « Amis ou ennemis ? » De même, chez les animaux, nos nations sœurs, la question est « Proie ou prédateur ? » Dans notre imaginaire, l’Autre, l’Alien, est-il une menace ou un soutien ? Apparenté ou sans lien de parenté ?

Les arts martiaux ont questionné le rapport à notre vis-à-vis. Ils ont répondu par la nécessité d’un retour au civil, au contrat social, à l’égalité du droit, droit qui s’impose et droit qui dispose.

Ce que je sais, ce que j’ai toujours voulu, est que le mouvement, geste ou technique, est toujours achevé par le salut debout. Cela a été et reste mon exigence. Nous finissons par reconnaître l’Autre à notre hauteur, mutuellement.

Alors aujourd’hui, nous devons nous garder mutuellement : « Suis-je le gardien de mon frère ? » Je suis pour l’autre soutien et menace comme il l’est pour moi. Le comprenant, nous cherchons ensemble une issue haute à la rencontre.

La dissonance cognitive évoquée par Rony Brauman recouvre d’un voile notre responsabilité : que faisons-nous de l’Autre ? La rencontre dit l’enjeu : comment regarder la face devant nous ? Me revient l’histoire de Sodome, quand les habitants de la ville voulurent disposer avec violence des anges qui leur étaient envoyés, sans le face-à-face à même hauteur.

Notre devenir tient à notre capacité à maintenir la richesse de la rencontre. J’ai appris cette leçon des Arts martiaux d’Orient qui n’acceptent pas la perte de face, au sens propre, car en perdant la face de l’Autre, je perds son regard, mon miroir et mon humanité.

 

Résurgence, nostalgie et confiance

Suite à une conversation sur l’histoire de notre école, mon élève Jérôme a retrouvé 3 longues interviews que j’avais faites.

J’ai évolué depuis mais je reconnais tout ce que j’ai écrit. En nos temps troublés, il est utile de connaître les tribulations de nos maîtres. De telles lectures étendent notre humilité. Elles nous mettent un espoir au cœur. Elles sèment la graine de la confiance en l’avenir, en notre capacité de le construire. Par la fidélité à la leçon des maîtres, nous avançons.

Non, tu vois, je n’ai changé…

L’humour est un signe certain de résistance, un défi au tragique, son dépassement.

Moi, je préfère pratiquer

2e interview de Nguyen Thanh Thiên réalisé par Tcha pour lebujutsu.net en 2010.

Vous enseignez au sein de l’école d’arts martiaux « La Ki School », pouvez-vous nous en dire plus sur cette école ?

Mon école est issue d’une histoire, celle d’un engagement dans la Voie des Arts Martiaux.

J’ai étudié les arts martiaux depuis l’âge de 8 ans et j’en ai aujourd’hui 47. J’ai donc bientôt passé 40 ans sur les tatamis ! J’ai suivi l’enseignement de professeurs dans différentes disciplines et tous m’ont énormément apporté. Certains m’ont montré une Voie que je voulais suivre, d’autres m’ont indiqué ce que je ne voulais surtout pas faire. Ces deux types d’enseignement, une voie positive et l’autre négative, sont à la fois indispensables et inévitables. Bien sûr, les options que nous rencontrons dans la réalité ne se révèlent pas aussi tranchées mais notre inclination profonde vers tel ou tel chemin tranche pour nous.

A la suite de 17 années passées avec un même professeur, j’ai décidé de quitter son dojo pour tenter l’aventure de la création d’une école. Je sentais que l’heure était venue de prendre la responsabilité d’enseigner, d’ouvrir une piste, de dégager une Voie, de répondre à l’appel des Anciens. Je dois rappeler qu’au sortir du lycée, j’avais opté pour des études de chinois à l’Institut des Langues Orientales à Paris, à l’époque à la Faculté de Dauphine. Malgré le peu de progrès dans l’étude de la langue, je me plongeais dans l’étude du monde chinois. Nous étions en 1980. Lire la suite

Leurs yeux me pénètrent bien avant que le sabre ne bouge

1ère interview de Nguyen Thanh Thiên réalisé par Tcha pour lebujutsu.net en 2004.

A l’occasion du stage exceptionnel à Paris de l’école Hyoho Niten Ichi Ryu (école des deux sabres du fondateur MIYAMOTO Musashi) qui se déroulera en octobre 2004 avec la participation de IMAI Masayuki senseï, IWAMI Toshio senseï, NAGAMATSU senseï et Colin WATKIN-HYAKUTAKE senseï, je vous propose un interview de l’organisateur et pratiquant expérimenté NGUYEN Thanh Thiên.

1) Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de pratiquer une école de Ken-Jutsu ?

Pendant de nombreuses années, j’ai étudié différents arts martiaux. Si aujourd’hui, je pratique le Ken-Jutsu de l’école Hyoho Niten Ichi Ryu, je le dois à ces leçons suivies dans le dojo auprès de professeurs et de maîtres de Budo et d’arts chinois. Ma sensibilité, ma gestuelle et mon attitude, polies au long des mois et des années, m’ont permis d’entendre et de recevoir l’enseignement de Maîtres IMAI Masayuki et IWAMI Toshio. Je n’ai pas le sentiment d’avoir attendu mais d’avoir maturé, mûri et approfondi ma compréhension et mon expectation vis-à-vis des maîtres. Le temps que j’ai passé à arpenter la Voie ne fut pas une fuite de jours qui courent vers une fin mais un « travail en cuve » comme disent les viticulteurs. Il a fallu que le « vin fou » passe et que les tannins s’adoucissent.

Mon corps a dû apprendre, ma saisie a dû s’affermir, mon esprit a dû s’aguerrir. Cela demande une persévérance et un discernement que l’on affine avec la durée. La Voie est parcourue avec le temps et il ne peut être économisé, abrégé ni négligé.

Certains commencent par le Ken-Jutsu, d’autres font autrement. Il s’agit d’un parcours personnel. Les rencontres qui bornent notre progression ne se décident pas. Nous pouvons tout juste les accepter ou les refuser. La rencontre avec les Maîtres IMAI Masayuki et IWAMI Toshio survint il y a 4 ans. Lire la suite

Une vie, une voie

J’ai interrogé le maître Wang Bo pour le magazine Dragon en 2006. Il a été mon maître le temps d’un stage et surtout le père et maître de mon enseignante, Maître Wang Yang. J’ai été fortement influencé par cet enseignement.

NGUYEN Thanh Thiên : Maître, à quelle époque et dans quelles circonstances avez-vous débuté les arts martiaux ?

Wang Bo
Maître Wang Bo et Maître Wang Yang

Maître WANG Bo : Le 13 août 1937, les armées japonaises envahissent Shanghai. Afin de leur échapper, ma famille part en hâte pour la région montagneuse de Simming Shan dans la province du Zhejiang, où je fus confié à ma grand-mère. C’était une femme extrêmement pieuse. Elle pria immédiatement le moine bouddhiste qui s’occupait du temple de la région, appelé Teng Dai Shi, de bien vouloir m’accepter comme disciple. Ce fut une rencontre qui marqua ma vie à tout jamais. Cet homme s’appelait HUI Liang et entre autres choses était l’héritier direct d’une lignée très ancienne de boxeurs appelée  » Simming Song Xi Pai Neijia Quan », la Boxe Interne de la Lignée de Song Xi du Simming et dont la plupart des pratiquants étaient réputés pour leur longévité : il n’était pas rare de les voir dépasser les cent ans… Lui-même, déjà âgé de plus de soixante-dix ans, démontrait quotidiennement dans nos longues séances d’entraînement, qu’il était toujours capable de prouesses physiques exceptionnelles. Il m’éduqua en m’enseignant le respect des autres et de soi-même, les vertus fondamentales du pratiquant d’arts martiaux, mais aussi la méditation, le Qi Gong, la calligraphie…et me donna le nom bouddhiste  » Yuanxiu « , Source de perfection. Je restais à ses côtés ainsi pendant huit ans.
Bien que, par la suite, j’aie été amené à découvrir d’autres styles d’arts martiaux, ma passion pour le Neijia Quan et mon profond respect pour celui qui avait bien voulu me le transmettre, n’ont fait que croître au fil des années !

N.T.T : Accepteriez-vous de nous en dire plus ? Quels autres styles avez-vous pratiqués ? Avec quels Maîtres les avez-vous appris ?

Maître WANG Bo : En 1945, parti sur les routes à la rencontre du frère de pratique de mon Maître, je m’égarais en chemin et fus recueilli par un Xiang Ma qui est un bandit d’honneur itinérant [en littérature, on les appelle  » Chevalier des Forêts Vertes  » ou  » Braves parmi les Rivières et les Lacs « , ndr] nommé Zhang Song Shan. Ce dernier devint en quelque sorte mon père adoptif. Il était un expert en boxes externes, anciennement appelées boxes du Chang Quan, Boxes Longues, auprès de qui j’appris diverses techniques de renforcement comme le Tie Bu Shan, Chemise de fer, le Jing Zhong Zhao, Renforcement Spécifique de la Tête et des Parties Génitales, mais aussi le Di Tang Quan, Boxe des Culbutes, le Hou Quan, Boxe du Singe ou encore le Xiang Ma Dao, Sabre des Brigands. Il m’entraîna également au Pai Da, Combat.
En 1949, lors de la prise du pouvoir par les troupes communistes, nous fûmes contraints d’abandonner notre repaire et de nous disperser. Sur les conseils de mon père adoptif, je partis pour Shanghai avec une lettre de recommandation de sa part pour le Maître Doung Zhongyi, expert auprès duquel j’ai pu pratiquer les Tran Tui Shi Er Lu, 12 Techniques de Jambe, le Tongbei Quan, Boxe de la Force qui Traverse le Dos ou encore me perfectionner dans l’art des Qi Na, Luxations.

Entre temps mon père adoptif nous avait rejoint. Il était contraint de se cacher et je devais subvenir à tous ses besoins, lui reversant la moitié de mon salaire d’instructeur de police. Malgré tous mes efforts, la situation devenant trop dangereuse pour lui, il fut dans l’obligation de repartir sur les routes. Fortement troublé de n’avoir pas pu aider davantage cet homme qui avait fait tant pour moi dans le passé, harassé par le surmenage dû au travail et à l’entraînement, je tombais gravement malade.
C’est alors que je fis la rencontre d’un médecin qui pratiquait le Taiji Quan, Boxe du Faîte Suprême. Frappé par certains points communs avec ma pratique du Neijia Quan, particulièrement au niveau de la recherche du relâchement musculaire, je décidais dès que je fus en état, d’explorer ce chemin.
Je sollicitais alors le Maître et médecin Yuan Tiejing qui accepta de m’initier au Taiji Quan style Yang et au Tuishou, Poussées de Mains, mais également à la théorie de la médecine chinoise et son application dans l’usage de la pharmacopée, de l’acupuncture et du massage. Il me démontra également que l’on peut utiliser le Qi, développé par la pratique, à des buts curatifs. Lire la suite