Koryu, une présentation

Cette vidéo témoigne de l’expérience de 3 senseïs de Hontaï Yoshin Ryu exerçant en Belgique. Nous nous sommes rencontrés à Itsukushima Jinja il y a 20 ans. Mon groupe représentait la Hyoho Niten Ichi Ryu. L’esprit de nos écoles diffère mais l’attitude envers la pratique est identique. Merci pour cette présentation.

Une vie, une voie, … un départ

Maître Wang Bo est décédé aujourd’hui. Je l’ai rencontré quelques fois. J’ai appris de lui le courage et la persévérance d’un maître des arts martiaux chinois. J’ai surtout appris de sa fille, Maître Wang Yang, qui a reçu son héritage.
Je laisse la parole à Wang Bo sifu.
Inerview de Maître Wang Bo pour le magazine Dragon en 2006.

NGUYEN Thanh Thiên : Maître, à quelle époque et dans quelles circonstances avez-vous débuté les arts martiaux ?

Wang Bo
Maître Wang Bo et Maître Wang Yang

Maître WANG Bo : Le 13 août 1937, les armées japonaises envahissent Shanghai. Afin de leur échapper, ma famille part en hâte pour la région montagneuse de Simming Shan dans la province du Zhejiang, où je fus confié à ma grand-mère. C’était une femme extrêmement pieuse. Elle pria immédiatement le moine bouddhiste qui s’occupait du temple de la région, appelé Teng Dai Shi, de bien vouloir m’accepter comme disciple. Ce fut une rencontre qui marqua ma vie à tout jamais. Cet homme s’appelait HUI Liang et entre autres choses était l’héritier direct d’une lignée très ancienne de boxeurs appelée  » Simming Song Xi Pai Neijia Quan », la Boxe Interne de la Lignée de Song Xi du Simming et dont la plupart des pratiquants étaient réputés pour leur longévité : il n’était pas rare de les voir dépasser les cent ans… Lui-même, déjà âgé de plus de soixante-dix ans, démontrait quotidiennement dans nos longues séances d’entraînement, qu’il était toujours capable de prouesses physiques exceptionnelles. Il m’éduqua en m’enseignant le respect des autres et de soi-même, les vertus fondamentales du pratiquant d’arts martiaux, mais aussi la méditation, le Qi Gong, la calligraphie…et me donna le nom bouddhiste  » Yuanxiu « , Source de perfection. Je restais à ses côtés ainsi pendant huit ans.
Bien que, par la suite, j’aie été amené à découvrir d’autres styles d’arts martiaux, ma passion pour le Neijia Quan et mon profond respect pour celui qui avait bien voulu me le transmettre, n’ont fait que croître au fil des années !

N.T.T : Accepteriez-vous de nous en dire plus ? Quels autres styles avez-vous pratiqués ? Avec quels Maîtres les avez-vous appris ?

Maître WANG Bo : En 1945, parti sur les routes à la rencontre du frère de pratique de mon Maître, je m’égarais en chemin et fus recueilli par un Xiang Ma qui est un bandit d’honneur itinérant [en littérature, on les appelle  » Chevalier des Forêts Vertes  » ou  » Braves parmi les Rivières et les Lacs « , ndr] nommé Zhang Song Shan. Ce dernier devint en quelque sorte mon père adoptif. Il était un expert en boxes externes, anciennement appelées boxes du Chang Quan, Boxes Longues, auprès de qui j’appris diverses techniques de renforcement comme le Tie Bu Shan, Chemise de fer, le Jing Zhong Zhao, Renforcement Spécifique de la Tête et des Parties Génitales, mais aussi le Di Tang Quan, Boxe des Culbutes, le Hou Quan, Boxe du Singe ou encore le Xiang Ma Dao, Sabre des Brigands. Il m’entraîna également au Pai Da, Combat.
En 1949, lors de la prise du pouvoir par les troupes communistes, nous fûmes contraints d’abandonner notre repaire et de nous disperser. Sur les conseils de mon père adoptif, je partis pour Shanghai avec une lettre de recommandation de sa part pour le Maître Doung Zhongyi, expert auprès duquel j’ai pu pratiquer les Tran Tui Shi Er Lu, 12 Techniques de Jambe, le Tongbei Quan, Boxe de la Force qui Traverse le Dos ou encore me perfectionner dans l’art des Qi Na, Luxations.

Entre temps mon père adoptif nous avait rejoint. Il était contraint de se cacher et je devais subvenir à tous ses besoins, lui reversant la moitié de mon salaire d’instructeur de police. Malgré tous mes efforts, la situation devenant trop dangereuse pour lui, il fut dans l’obligation de repartir sur les routes. Fortement troublé de n’avoir pas pu aider davantage cet homme qui avait fait tant pour moi dans le passé, harassé par le surmenage dû au travail et à l’entraînement, je tombais gravement malade.
C’est alors que je fis la rencontre d’un médecin qui pratiquait le Taiji Quan, Boxe du Faîte Suprême. Frappé par certains points communs avec ma pratique du Neijia Quan, particulièrement au niveau de la recherche du relâchement musculaire, je décidais dès que je fus en état, d’explorer ce chemin.
Je sollicitais alors le Maître et médecin Yuan Tiejing qui accepta de m’initier au Taiji Quan style Yang et au Tuishou, Poussées de Mains, mais également à la théorie de la médecine chinoise et son application dans l’usage de la pharmacopée, de l’acupuncture et du massage. Il me démontra également que l’on peut utiliser le Qi, développé par la pratique, à des buts curatifs. Lire la suite

Concordance de la Nouvelle Équitation avec l’enseignement de Noro senseï

4ème voyage au cœur du bauchérisme et autres lieux 1er et 2 octobre 2022, organisé par Patrice Franchet d’Espèrey, Abbaye de Seuilly. Communication de Nguyen Thanh Thiên sur un sujet proposé par Patrice Franchet d’Espèrey.

« On ne peut parler de la Voie que si on a les pieds dessus. » En Extrême-Orient, la Voie, do en japonais, tao en chinois, marga en sanscrit, est le flux par lequel se manifeste le Monde et par lequel il se résorbe. Dans une vision circulaire du temps et de l’espace, chaque aspect du réel est animé par un souffle, une énergie, nommé ki en japonais et chi en chinois, prâna en sanscrit. Chaque élément respire, atteint sa plénitude pour mieux amorcer sa décrue. Dans ce Monde en cercle, qui se dépasse par la spirale, la partie passe par un extrême pour ensuite par degré atteindre son opposé, chaleur puis froid, ombre puis lumière, principe femelle puis mâle.

L’élève discipline son corps et son esprit par l’intégration des règles, sociales et propres à son école. Il les incorpore au sens strict. Son attitude extérieure et sa composition intérieure deviennent par son effort incessant le reflet l’un de l’autre. Elles témoignent ainsi de sa sincérité dans l’étude au point de faire de sa personne un corps enseignant. Un jour que je visitais un maître dans un dojo de Tir à l’Arc situé au pied du Château de Kokura, dans le sud du Japon, le maître du lieu me demanda de faire 3 pas. Cela lui suffit pour comprendre mon état d’esprit, mon degré de maturation dans la Voie des Arts martiaux d’Orient. Cette incorporation des règles amène l’élève à l’étude des principes. Si les règles sont spécifiques à un dojo (lieu dédié à l’étude d’un art martial), à une école, les principes sont communs à toutes les Voies, martiales ou non. Leur compréhension permet de passer d’un champ d’étude à l’autre, de l’art du sabre à la peinture Zen, au chant Nô ou à l’art équestre. Toutes les activités humaines possèdent un chemin de perfectionnement, qui économise le geste, qui clarifie la vue, et rend l’homme plus humain, simplement aimable. Au plus haut degré, l’élève parvenu à la maîtrise vit selon les principes, oublieux des règles mais sans plus y déroger. Le temps y pourvoit car il est un facteur maturant. D’une pousse de riz il fait un épi, une casserole de grains, une bouillie de riz, un surcroît d’énergie pour le laborieux, un pas en avant pour celui qui a posé ses pieds sur la Voie.

Dans cette longue marche, à travers les générations, à chaque âge de ma vie, je pose les yeux sur le maître. Je le vois vieilli dans l’étude, le geste réduit, la pensée unie en une unique pointe qui transperce le voile. Je le regarde et je l’observe. Il est devant moi le muscle détendu, calme de corps et d’esprit. Sa posture est un idéogramme qui relie l’homme à la Terre comme au Ciel, aux forces descendantes et aux puissances ascendantes. Le maître comme humain manifesté, comme capacités réalisées voire dépassées, exécute le mouvement et démontre sa manière : calme, droit et traversé du souffle, en avant. Étudier implique de mettre ses propres pas dans ceux du maître. Cet art de placer mes pieds à l’endroit même où mon prédécesseur a posé les siens, reproduisant son attitude, réitérant sa composition, est résumé par la maxime : « Le maître est l’aiguille, l’élève le fil. » La technique du maître est faite pour un corps, un cœur et un esprit apaisés. Alors mon premier effort est d’entrer dans l’étude du martial par l’exemple haut, par un apaisement magistral, par l’imitation du maître.

Dans un village de Corrèze, il y a quelques années, un cône en plastique orange bascule et tombe dans le manège. Dans le même temps, Crepelo, le cheval d’école de Louis Fabre, exécute une esquive, un pas de danse tauromachique. J’étais juché sur la selle. Pour le pratiquant d’art martial que je suis, ce fut une révélation, un éblouissement, une retrouvaille. 2013, Noro Masamichi senseï me laisse orphelin d’étude en Aïkido et Kinomichi après plus de 30 années. 2014, Iwami Toshio soke renonce pour cause de maladie à m’instruire plus avant dans l’art du sabre japonais, après 15 années. 2016 je reconnais par le fait de Crepelo un geste magistral, un nouvel accès à la maîtrise, une justesse de temps et de lieu, une manière douce qui vibre de force. Uni au cheval, je vis de nouveau la possibilité d’être soi avec l’autre pleinement. À cet instant, le cheval et moi, nous sommes l’un pour l’autre la cause de notre rencontre.

Lire la suite

Stage Niten Ichi Ryu kenjutsu 16/10/22

L’inscription au stage nécessite l’envoi du formulaire ci-dessous, au moins 7 jours avant. Les débutants peuvent accéder au stage si accord du senseï.

Si vous prenez les transports en commun, vérifiez l’état du trafic. Il y a des perturbations sur la ligne H.

Prochaine date : 16 octobre 2022

Thème du stage : Itto, Kodachi, Nito, Bo

Horaire : 15h30-19h30

Règlement du stage : 30 euros.

Pour l’apprentissage des arts martiaux, la régularité est une obligation pour son propre progrès et un devoir vis-à-vis du professeur. En vous inscrivant, vous acceptez implicitement de suivre nos conseils pour le web stage et nos règles de dojo.